L'angioplastie coronaire

1. Qu'est-ce que l'angioplastie?

  1. Qu'est-ce que l'angioplastie?
  2. Quelles sont les indications?
  3. Comment se déroule l'examen?

L'angioplastie coronaire ou dilatation est une technique médicale de modification du diamètre d'un vaisseau, le plus souvent artériel. Elle consiste à donner aux artères coronaires rètrécies par la maladie, un diamètre suffisant pour une circulation sanguine efficace, et ceci sans chirurgie.

Le médecin utilise pour cela de petits ballonnets gonflables, qui permettent de dilater l'artère à l'endroit du rétrécissement. Il écrase la lésion présente dans l'artère du cœur (plaque d'athérome) à l'aide d'un petit ballon qu'il gonfle à une pression très élevée.

Le plus souvent, le geste est complété par la mise en place d'une endoprothèse métallique, le "stent" , qui reste incrustée à l'intérieur du vaisseau pour éviter la reformation d'un rétrécissement.

Cet examen est réalisé en hospitalisation.

2. Quelles sont les indications?     

L'angioplastie est indiquée pour traiter les occlusions ou les sténoses Appareillage de radioscopie utilisé en salle de cathétérisme cardiaque.artérielles, mais l'indication d'angioplastie ne peut être posée qu'après visualisation des artères coronaires par coronarographie.

  •     Soit l'angioplastie suit immédiatement la coronarographie au cours d'une seule séance (durée approximative de 60 minutes).
  •     Soit l'angioplastie est programmée suite à une coronarographie réalisée au préalable.

 

3. Comment se déroule l'examen?     

Avant l'examen

Le médecin dispose des résultats des examens de routine (ECG, RX thorax, prise de sang...). Le patient est à jeun.

La zone où les cathéters doivent être insérés (pli de l'aine, bras ou avant-bras) est rasée et lavée avec une solution antiseptique pour prévenir les infections. Le patient est ensuite recouvert d'un champ stérile.

Une perfusion en intraveineuse est mise en place. Un traitement anticoagulant (héparine) et anti-aggrégant plaquettaire est administré au patient (aspirine, clopidogrel).

Pendant l'examen
          
Le patient est en position allongée sur le dos sur la table d'examen. Un électrocardioscope de surveillance continu de son ECG est mis en place. Le cardiologue-coronarographiste porte un tablier de plomb (pour se protéger contre une exposition excessive aux rayonnements ionisants) et est habillé de façon stérile.

Il pratique une anesthésie locale par injection sous la peau dans la région où les cathéters doivent être insérés (pli de l'aine, bras ou avant-bras). Il ponctionne l'artère fémorale (si l'insertion est au niveau du pli de l'aine) ou l'artère brachiale (si l'insertion est au niveau du bras) ou l'artère radiale (si l'insertion est au niveau de l'avant bras) et met en place l'introducteur (désilet).

Ensuite, il insère le cathéter guide dans la gaine d'introduction et le fait progresser dans l'aorte jusqu'à l'endroit où les artères coronaires emmergent vers le cœur.

Pendant que le médecin monte le cathéter d'angioplastie jusqu'à la coronaire, il contrôle visuellement ses gestes par radioscopie. Lorsque le cathéter est bien positionné, il fait une injection de produit de contraste afin d'observer le rétrécissement.

Un guide monté à l'intérieur du cathéter est introduit dans l'artère jusqu'à ce que son extrémité se retrouve au-delà du rétrécissement. Le cathéter d'angioplastie à ballonnet est possitionné dans l'artère au niveau du rétrécissement à l'aide du guide.

Une fois en place, le ballon est gonflé sous une forte pression.

Lorsque la plaque a été comprimée et que l'artère est suffisamment ouverte, le médecin retire le cathéter à ballonnet après l'avoir dégonflé. En prenant de nouveaux clichés radiographiques de l'artère, le médecin observe l'amélioration du débit sanguin.

Pour optimaliser le résultat angiographique, un stent (tuteur métallique) monté sur un cathéter d'angioplastie est ensuite introduit dans l'artère coronaire à traiter à l'aide du guide. Une fois en place, le ballonnet est gonflé sous une forte pression, en face de l'obstacle pour appliquer le stent contre les parois de l'artère. Lorsque l'artère est suffisamment ouverte, le médecin retire le cathéter à ballonnet après l'avoir dégonflé et réalise de nouveaux clichés radiographiques de l'artère pour analyser le résultat final.

A la fin de l'examen

Les cathéters sont retirés (cathéter guide, cathéter d'angioplastie et guide), l'introducteur est laissé en place en vue d'une ablation ultérieure en fonction du contrôle biologique. Le patient peut regagner sa chambre.

Il est également possible d'effectuer l'hémostase à la fin de l'angioplastie à l'aide de matériels qui permettent d'obturer l'orifice de ponction de l'artère (angioseal, starclose). La mobilisation des patients peut alors être effectuée plus tôt (après 1 heure). Lorsque l'examen est réalisé par voie radiale, une mobilisation immédiate est possible.

Après l'examen

Le patient reste sous surveillance à l'hôpital.

Le pansement compressif placé après le retrait de l'introducteur est gardé plusieurs heures après l'angioplastie. Il est ensuite enlevé et si l'état local est satisfaisant, la mobilisation est autorisée au bout de 6 à 24 heures, ceci en fonction des instructions du médecin qui a pratiqué l'examen. Un contrôle biologique de la fonction rénale peut être fait le lendemain. Le plus souvent, le patient peut se rendre à son domicile le lendemain de l'examen.

L'angioplastie dure au moins trente minutes.

L'examen n'est pas douloureux (la seule partie désagréable pouvant être l'anesthésie locale). Il peut être inconfortable par l'allongement sur une table relativement dure. Chaque injection de produits de contraste peut être accompagnée d'une brève sensation de chaleur.

Les risques possibles

Les risques sont rares et le plus souvent bénins. Ils peuvent être dus à:

la ponction de l'artère qui peut entraîner
  • des infections
  • des hémorragies
  • des hématomes (se résorbent de façon spontanée)
  • d'un anévrisme artériel ( dilatation du calibre de l'artère pouvant nécessiter une petite chirurgie vasculaire)
l'injection du produit iodé
  • allergie, pouvant être prévenue par des médicaments (antihistaminiques, corticoïdes )
  • insuffisance rénale dont le risque est minimisé si on limite la quantité totale de produit de contraste injectée et si on assure une bonne hydratation du patient
Autres
  • insuffisance cardiaque